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Barde ou troubadour ..... le dylaniste jurassien


Enfant d’émigrés italiens né à la fin des années 40, Michel Martinoli musicien autodidacte chante en français en revisitant avec originalité et une touche personnelle Bob Dylan, Hugues Aufray, Long Chris.    

Il vit dans le Jura suisse à la campagne à proximité de Porrentruy.

Sa guitare ressortie du saloir 40 ans après avoir, sur des marches d'escaliers, gratté ses premières cordes, Michel Martinoli va crescendo conquérir un public se dévoilant fan fidèle. Il chante comme on raconte une histoire pleine d'émotion, s'accompagnant de bon ton de son harmonica. Sa voix dénonce subtilement sa grande sensibilité qui n'a d'égale que la générosité qu'il témoigne aux hommes.

Barde ou troubadour empli de générosité à chacun de ses concerts, puisant dans les répertoires d'artistes francophones qu’il revisite en français avec originalité, les coloriant d’une touche personnelle. Artiste accompli il perpétue ainsi comme héritage les Ĺ“uvres de ces artistes de référence. Harmonisant la musicalité des morceaux, en s'épaulant des épreuves de la vie et de son choix de partir tailler la route, avec pour seule compagne, sa guitare.

Michel Martinoli et sa guitare, un duo qui refuse de vieillir oubliant que l’horloge du temps est inexorable et qui rappelle aux indignés d’aujourd’hui que leur combat pour la justice sociale et la non-violence date de plus d'un demi-siècle.





Elise Choulat @ L'Ajoie

"J'ai réalisé 90% de mes rêves..."


LE TROUBADOUR DE BASSE-ALLAINE

COURTEMAÎCHE....
Son amour de toujours, c’est la musique, et la musique folk en particulier. Aujourd’hui retraité, Michel Martinoli partage sa passion sur les différentes scènes de la région.
Entre Hugues Aufray, Bob Dylan et bien d’autres choses encore, rencontre avec celui que l’on pourrait surnommer le troubadour de la Basse-Allaine.   C’est au pied de l’église de Courtemaîche que Michel Martinoli passe sa retraite. «Quand j’étais gamin, on jouait de la musique avec des copains dans cette grange-là», commence-t-il en montrant du doigt un bâtiment à deux pas de l’édifice religieux. Pourtant il en a fait, des kilomètres, cet enfant du village, avant de revenir dans ce coin de pays qui l’a vu naître!  

Bob Dylan, la révélation

Descendant d’immigrés italiens installés en Basse-Allaine, il passe le plus clair de son enfance dans la péninsule, chez ses grands-parents. «Mes vraies racines sont là-bas», concède-t-il. Mais la musique, c’est bien à Courtemaîche que Michel s’y frotte pour la première fois à l’adolescence. Nous sommes dans les années 1960, il apprend quelques accords à la guitare et se lance. «On a fait quelques concerts, notamment au tea-room de la station-service à la sortie du village, ou au Paddock à Damphreux.» Toute une époque. Très «sensible aux injustices», le jeune homme se tourne tout naturellement vers la chanson contestataire. «J’ai surtout été marqué par la grande marche sur Washington menée par Martin Luther King en 1963. C’est à ce moment-là que j’ai vu pour la première fois Bob Dylan à la télé. Je ne sais pas ce qui s’est passé… Pour moi, il est vraiment une référence, plus pour ses textes d’ailleurs que pour sa musique. Mais celui que j’appelle mon père spirituel, c’est Hugues Aufray, même si j’aime toutes les musiques. À part, peut-être, le métal trop métalleux…»  

On the road again

Sur le plan professionnel, Michel entre à l’usine à la fin de sa scolarité. «Moi j’aurais aimé faire la Canto et devenir enseignant, mais mes parents ont tout de suite mis un véto, regrette-t-il. Nous étions une famille pauvre, et ils ont préféré que j’aille gagner de l’argent plutôt que de faire des études…» Alors qu’il approche la vingtaine, le jeune homme décide de prendre la route. «Je me cassais au printemps et revenais à la fin de l’automne reprendre mon travail. J’ai fait ça durant quatre ou cinq ans, tailler la route en stop avec ma guitare et mon harmonica. Je faisais des petits boulots pour gagner ma vie, et je grattais ma guitare sur les terrasses, je faisais la manche. Je n’ai jamais autant joué!»    

40 ans de désert musical

Puis c’est le retour à la «normalité». «J’ai essayé de rentrer dans le rang, j’ai rencontré mon épouse, nous avons eu des enfants…» De Zurich à Pleigne en passant par Genève et Porrentruy, Michel erre. «C’était un vrai désert musical, j’ai même donné ma guitare à ma fille, se souvient-il. Ça a duré quarante ans.» Professionnellement, notre Ajoulot change de branche. «Après un stage chez Emmaüs, j’ai fait une formation d’infirmier en psychiatrie. C’était pour moi l’opportunité d’enfin étudier.» Il pratique à différents endroits et développe en parallèle une vie sociale très riche, s’engage au niveau communal, crée un centre culturel… Il devient de fil en aiguille directeur d’un foyer de l’association PINOS et, suite à un petit pépin de santé, décide de terminer sa carrière professionnelle comme éducateur dans le centre de Courtemaîche. Retour aux sources.  

La renaissance

Désormais retraité, Michel Martinoli s’éclate! «Lorsque j’ai rencontré ma compagne il y a quelques années, elle m’a encouragé à reprendre sérieusement la musique. J’ai donc recommencé à répéter régulièrement, j’ai racheté une sono… J’ai aujourd’hui un répertoire d’une soixantaine de chansons qui ont toutes un lien avec mon histoire personnelle.» Répertoire qu’il interprète sur les différentes scènes de la région, comme le week-end dernier lors de la fête du village de Montignez. «Quand je regarde en arrière, je constate que 90% de mes rêves, j’ai pu les réaliser. Je peux vraiment dire qu’aujourd’hui, je suis un homme heureux!»

Élise Choulat © Éditions L’Ajoie/septembre 2019